RDC- Lubumbashi : la ministre de l’ESURSI clôture l’atelier national sur la mise en œuvre des écoles doctorales

La dynamique de réforme du système doctoral congolais vient de franchir une étape décisive. Ce mercredi 11 décembre 2025, la Ministre de l’ESURSI a officiellement clôturé l’Atelier national sur la mise en œuvre des écoles doctorales, tenu à l’Université de Lubumbashi (UNILU) du 10 au 11 décembre.

Un diagnostic approfondi a été posé et une série de résolutions opérationnelles ont été adoptées par les Experts, Chefs d’Etablissements autorisés à organiser les écoles doctorales, Présidents des Conférences des Chefs d’Etablissements, Présidents des Conseils d’administrations, responsables des structures techniques du Ministère : CPE, ANAQ-ESU, Conseil Scientifique national, les Doyens des Facultés/UNILU, Professeurs, représentants des doctorants, etc...l’inclusivité y était.

Le temps des réformes conceptuelles est désormais derrière nous : l’heure de l’opérationnalisation et de l’application des textes légaux et réglementaires a sonné.

Les résolutions phares : Cap sur la qualité et la rigueur

Parmi les décisions majeures issues de l’atelier, cinq orientations se démarquent :

1. Nécessité de vulgariser les dispositions de l’Arrêté n°134 et des résolutions des états Généraux de l’ESU-RDC (voici ci-joint la copie dudit Arrêté ministériel et la page de page du livre qui contient les résolutions des EGESU-RDC-2021) 

2. Application stricte des textes légaux et réglementaires : les participants ont réaffirmé l’obligation d’appliquer l’Arrêté n°134, les textes réglementaires en vigueur ainsi que les résolutions des États généraux de l’ESU de 2021. Une manière de rappeler que la qualité découle d’abord du respect des normes.

3. Échéances fermes : DEA et anciennes thèses

  • Les DEA doivent être défendus au plus tard le 31 décembre 2025. Au-delà, ils sont illégaux (à moins que les chefs des établissements obtiennent des dérogations spéciales). En plus, il n’y a plus d’inscriptions en DEA – qu’on se le dise.
  • Les thèses du système antérieur doivent être soutenues avant 2028. Il s’agit de clore définitivement l’ancien système et d’entrer tous sans exceptions dans l’ère doctorale rénovée ;
  • Désormais l’école doctorale est le seul cadre de formation des docteurs en RDC. Plus des thèses en dehors de l’école doctoral créée conformément à la procédure de l’Arrêté 134.

4. Organisation des écoles doctorales : un choix immédiat

Les établissements éligibles doivent :

  • Choisir dès maintenant le modèle d’organisation de leur école doctorale (Voir l’Arrêté ci-joint et lire les formes possibles);
  • Le présenter en conseil de l’Université ;
  • Transmettre leurs propositions au Conseil de l’Université, dont une session s’ouvre ce lundi à l’UPN;
  • Une décision historique : les établissements sont invités à créer officiellement leurs écoles doctorales et à ouvrir les inscriptions sans délai….Pour les retardataires, notez que l’Ecole doctorale de l’Université Catholique du Congo a déjà procédé à la rentrée doctorale sous la houlette de l’Autorité de tutelle et conformément aux dispositions légales et règlementaires (Bravo et félicitation à l’UCC)

NB: Ne pas le faire, c’est se mettre inutilement en retard.

5. Les résolutions insistent également sur :

  • La valorisation et le transfert industriel des résultats de recherche (en synergie avec l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais) ;
  • L’accès des écoles doctorales aux financements du Fonds National de la Recherche Scientifique et Innovations Techniques (FNRSIT) ;
  • La mise en place de chartes éthiques, contrats de performance et outils de gouvernance scientifique ;
  • Les normes anti-plagiat, de référence IA, les mesures de lutte contre le tribalisme, clientélisme, corruptions, politisation, tout cela renforcera la rigueur de la formation doctorale
  • Les profils des enseignants-chercheurs des écoles doctorales,
  • La fédération des Instituts supérieurs dans les écoles doctorales créées dans les établissements éligibles ;
  • Le rôle central de l’Agence Nationale d’Assurance-qualité, de la Commission permanente des Etudes, du Fonds National de la RSIT et de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais dans l’accompagnement de l’innovation doctorale.
  • Nécessité de former les formateurs, définir des maquettes de parcours, planifier un calendrier doctoral rigoureux (projet, staff, cours, terrain, publications indexées, soutenance)
  • Importance de la mise en valeur de la thèse, en lien avec l’utilité sociétale et l’industrialisation
  • L’école doctorale est le cœur du troisième cycle, fondé sur un encadrement collégial et un environnement de laboratoires actifs ;
  • Le parcours doctoral doit être clairement jalonné : admission–confirmation–évaluations–activités scientifiques–production progressive–valorisation–soutenance–post soutenance
  • Mise en place d’un jury mixte, de rapporteurs indépendants, et de délais harmonisés conformément aux dispositions de l’Arrêté 134
  • Dépôt obligatoire des thèses dans un dépôt national.
  • Importance des logiciels de gestion doctorale, de la "Thèse 2.0", et du renforcement des sites web des écoles doctorales
  • Intégration cohérente et exigeante de l’IA dans la qualité et les évaluations

Prochaine Étape : Lancement des Auto-évaluations des formations doctorales et centres de recherche à l’UNIKIN–18 Décembre 2025 

La réforme avance à grande vitesse : ce jeudi 18 décembre 2025, l’Université de Kinshasa lancera les autoévaluations des formations doctorales et des centres de recherche. Les structures concernées sont :

  1. École régionale de l’eau & Centre de recherche en ressources en eau du Bassin du Congo (CRREBaC)
  2. École de santé publique & Centre de planification familiale (Médecine, Santé et bien-être)
  3. École de criminologie & Centre des pathologies sociales
  4. Département des sciences politiques & Centre d’études politiques

Ces auto-évaluations marquent l’entrée dans une culture d’assurance qualité continue. A l’issue des rapports d’auto-évaluation interne dont le Prof. Jean-Pierre Mpiana TSHITENGE est Président du Comité de Pilotage et Michel Bisa Kibul son Rapporteur, l’Université de Kinshasa et l’Université de Lubumbashi recevront des évaluateurs externes (hors Pays et ANAQ-ESU). Désormais, on doit s’évaluer et se faire évaluer. Pas pour sanctionner mais pour identifier les forces, faiblesses, opportunités, …

Les résistances sont connues, anticipées, et prises en compte. Mais la vision de la Ministre est claire : la révolution qualité du doctorat congolais est irréversible. Sa détermination est pressante.

Hommages et Engagement

L’UNILU, hôte de l’atelier, a montré l’exemple. Félicitations au Recteur, Prof. Gilbert KISHIBA, dont l’éloquence, la disponibilité et l’esprit d’Ubuntu inspirent une nouvelle dynamique de recherche, un leadership inspirant, un management par résultats.

Un message de soutien chaleureux est adressé à Madame la Professeure Marie-Thérèse SOMBO, qui porte cette réforme avec courage et conviction : tozali sima na yo Prof pour une Nouvelle Ère doctorale en RDC. Tout converge vers un fait incontestable : la RDC entre dans une phase historique d’assainissement, d’alignement normatif et d’excellence scientifique.

Les écoles doctorales sont désormais une exigence, une réalité et une responsabilité collective : le rêve de 2021 cher à Antoine TSHIMPI se réalise : vive les Médecins.

La qualité n’est plus un slogan : elle devient un système. Et les sanctions sont prévues et seront appliquées.

Michel Bisa Kibul

Moluki pe Motangisi

 

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Atelier national sur la mise en œuvre des Écoles doctorales en RDC
Une première journée fondatrice