Lubumbashi : quand les regards se tournent vers l’intronisation du grand chancelier

45 innovateurs accompagnés par l’IGSC/APGSC avec le soutien de la KAS et de l’ARES/UNILU passent des idées aux prototypes… et des prototypes à l’industrialisation

Savez-vous que le Mercredi prochain, à l’occasion des 70 ans de l’Université de Lubumbashi chère au Prof. Henri KAMPUNZU d’heureuse mémoire, le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations va procéder à la remise solennelle des insignes symboliques et du Magistère du Grand Chancelier des Universités, Instituts supérieurs, centres de recherche, incubateurs, accélérateurs et pépinières de la République au Chef de l’État et au Garant de la Nation qui cohabitent dans le même Corps physique institutionnalisée : Président. Au-delà de la cérémonie et de son décorum, l’événement qui connecte Félix Tshisekedi à Joseph Kasavubu, ouvre une porte longtemps  fermée qui garde l’entrée dans le couloir des secrets  des savoirs, devoirs, vouloirs ainsi que des pratiques du pouvoir et de l’Etat : celle du pouvoir symbolique, de ses rites, de ses attributs et de ses représentations. On entre ici dans ce que nous pourrions appeler le quatrième monde politique, celui accessible uniquement aux initiés du niveau de profondeur de la politologie appliquée aux Valeurs et Symboles de la République et des collines hautement chargées comme celle de Mont-Amba et la Valée universitaire de Kassapa. Dans ces trans-espaces  où l’autorité ne s’exerce plus seulement par les institutions, les lois ou les moyens matériels, financiers et militaires,… de l’État, mais également par les titres, les insignes, les cérémonies et les symboles qui donnent une forme visible à la puissance publique. Après le Chef de l’État Garant de la Nation, Commandant suprême des Forces armées et de la Police nationale, voici une autre dimension du pouvoir qui mérite d’être observée avec attention : celle de son rapport au savoir, à la science et à l’ordre académique national. C’est cela, les mystiques du pouvoir. Et puisque les questions de symbolique du pouvoir restent encore largement absentes du programme visible dans les réseaux sociaux et, même des maquettes de formation en science pô, observons d’abord le déroulement de cette cérémonie historique ; les spécialistes pourront ensuite en analyser, avec le recul nécessaire, la portée juridique, institutionnelle, historique et symbolique.

Car plusieurs questions demeurent, presque comme une énigme de pouvoir : pour introniser un Grand Chancelier, qui détient le pouvoir de l’intronisation ? Et quelle est, au juste, la source de cette autorité ? Espérons que le magistère du Pouvoir ne sera pas confondu à la chancellerie. Les deux ne sont pas exactement la même chose. Si le Chef de l'État doit exercer le magistère symbolique sur les institutions des savoirs ouverts et cachés, visibles et invisibles, formels et informels,… tout comme sur la Nation,… il doit, pour l'autorité symbolique, au-delà de la fonction de représentation,… incarner …ce qui permet de passer de l'autorité juridique et administrative  à l'autorité symbolique.

J’ai appris de mes maîtres–politologues maximalistes - que « Les insignes, valeurs et symboles, ne confèrent pas seulement une fonction : ils matérialisent un magistère, c'est-à-dire une autorité symbolique qui dépasse l'exercice administratif du pouvoir ». Le 30 septembre, Lubumbashi nous donnera peut-être les premiers éléments de réponse ou des critiques. En attendant, célébrons la Valorisation des résultats des recherches, Innovations et Inventions qui seront aussi présenter au Grand Chancelier.

VIVE LA COLLABORATION DE L’ IGSC/APGSC DU MIN. ESURSI, LA FONDATION KAS (KONRAD ADENAUER)  ET L’ARES/UNILU

Comment passer d'une bonne idée à un prototype fonctionnel ? Comment protéger une invention, mesurer son niveau de maturité technologique et préparer sa production à plus grande échelle ? C'est à ces questions très concrètes que l'Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC/APGSC) consacre, les 21, 22, 23 et 24 septembre 2026 à Lubumbashi, une session de prototypage et d'accompagnement destinée à 45 innovateurs et inventeurs locaux.

Placée sous le Haut Patronage de Son Excellence Madame la Ministre de l'Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations, Prof. Dr Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, cette activité est organisée avec l'appui de la Fondation Konrad Adenauer et de l’ARES–UNILU. 

C'est le Recteur Gilbert Kishiba Futila, de l'Université de Lubumbashi qui a Ouvert l'activité au nom de l'Autorité de tutelle. Les bénéficiaires sont issus des différentes éditions du Forum du Génie Scientifique Congolais (FGSC) 2023, 2024, 2025 et 2026.

De l'idée au prototype, puis du prototype au marché

L'objectif de cette session est simple : faire avancer les projets jusqu’au marché d’ici et d’ailleurs. Il ne s'agit pas uniquement de réunir des innovateurs pour écouter des exposés. Pendant quatre jours, les participants vont travailler sur leurs propres projets avec des experts, dont le Prof. ZEKA et son équipe de la Faculté Polytechnique de l’UNILU, identifier les étapes critiques de leur développement, construire des feuilles de route individualisées, établir les budgets des processus à maturer et offrir au marché les solutions certifiées.

La démarche suit une logique progressive

De l’idée à la preuve de concept, du prototype à la maturation technologique jusqu’à la protection, l’industrialisation jusqu’à la valorisation. Cette approche correspond à la vocation de l'IGSC/APGSC. Accompagner les chercheurs, inventeurs et innovateurs congolais afin que leurs résultats scientifiques et technologiques puissent progressivement trouver une place dans l'économie et répondre aux besoins de la société.

Qui sont les 45 innovateurs ? Et que peuvent-ils faire pour impacter la RDC ?

Les 45 bénéficiaires proviennent du domaine Sciences et Technologies du Forum du Génie Scientifique Congolais. Ce domaine couvre notamment des projets relevant de plusieurs filières et mentions technologiques, parmi lesquelles : Génie électrique et électrotechnique, Génie électronique, Génie mécanique, Génie civil et construction, Génie industriel, Génie énergétique et énergies renouvelables, Génie minier et technologies minières, Génie chimique et procédés, Automatique et systèmes, Robotique et mécatronique, Informatique et technologies numériques, Technologies agro-alimentaire, Télécommunications et technologies de l'information, Matériaux et technologies de transformation ainsi que diverses solutions technologiques appliquées aux problèmes locaux.

Cette diversité montre que le génie scientifique congolais ne se limite pas à un seul secteur. Il s'exprime dans les ateliers, les laboratoires, les universités, les centres de recherche et, de plus en plus, dans les initiatives portées directement par les innovateurs sur le marché.

Jour 1 : cadrage méthodologique et définition des objectifs de l’Atelier ;

Jour 2 : comprendre l'écosystème et construire les feuilles de route. La deuxième journée, mardi 22 septembre, commence par l'accueil des participants et la cérémonie d'ouverture. Quinze projets pilotes sont ensuite présentés, à raison de trois minutes par projet, avant une séance d'échanges. Le premier module, consacré au Système national d'accompagnement des innovations en RDC, est animé par le Professeur Michel Bisa Kibul. Il permet de situer les innovateurs dans l'écosystème national d'accompagnement et de valorisation.

Le Professeur John Malala aborde ensuite le suivi-évaluation en Sciences et Technologies, une étape indispensable pour savoir si un projet progresse réellement et sur quels indicateurs il doit être suivi.

L'après-midi est consacré à un exercice particulièrement important : le coaching des comités d'accompagnement. Sous la conduite du Professeur Ir. Zeka de la Faculté Polytechnique/UNILU, les participants travaillent projet par projet afin d'élaborer des feuilles de route individualisées pour les 45 projets pilotes. Autrement dit, il ne s'agit plus seulement de demander : « Où en est votre invention ? »

Il faut désormais répondre à des questions beaucoup plus opérationnelles : Que faut-il faire ensuite ? Qui doit le faire ? Avec quels moyens ? Dans quel délai ? Et comment mesurer le résultat ?

Jour 3 : protéger, maturer et préparer l'industrialisation

La deuxième journée, celle du mercredi 23 septembre, s'intéressera à trois dimensions essentielles de la valorisation.

En premier lieu, le Professeur Dr. Antoine Tshimpi, Coordonnateur de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais/APGSC abordera la propriété intellectuelle et la protection des inventions. En effet, pour un inventeur, protéger son invention n'est pas une formalité secondaire. C'est une étape permettant de sécuriser juridiquement le résultat de son travail et de préparer sa valorisation.

Le module consacré à la méthodologie d'accompagnement et à la préparation à l'industrialisation sera coanimé par M. Chris Bakututalanga et l'Ir. Francis Kitoko. La question devient alors très concrète : Comment faire passer une solution conçue à petite échelle vers une solution capable d'être produite, utilisée et éventuellement commercialisée à plus grande échelle ?

Un autre module portera sur la maturation technologique, à travers l'échelle TRL 0 à TRL 9, avec l’Ir. Francis Kitoko. Cette approche permet de situer un projet selon son niveau de maturité technologique, depuis les premières recherches et principes scientifiques jusqu'à une technologie démontrée et prête à être déployée.

Les carrefours : là où les projets seront réellement travaillés

Une partie essentielle de la session se déroulera dans les travaux en carrefours. Les innovateurs seront répartis en groupes de travail et accompagnés par les experts-formateurs. L'objectif est de transformer les enseignements reçus en décisions concrètes pour chaque projet. À l'issue de ces travaux, les recommandations seront présentées en plénière et les feuilles de route seront discutées et validées collectivement, sous la conduite de Monsieur Freddy Kibenze Mwamba et Mme Temor, tous les deux, experts de l’IGSC/APGSC.

Cette étape est déterminante : une formation n'a d'intérêt pour l'innovateur que si elle débouche sur une action identifiable.

Quatrième journée et suite : des nouvelles étapes dans l'accompagnement du génie scientifique congolais

La suite est très technique, très opérationnel…Jusqu’au marché, à la création d’emplois, à la contribution au fisc…à la résolution des angoisses existentielles du Pays.

Cette session de Lubumbashi illustre une évolution de l'approche de valorisation du génie scientifique en RDC. Pendant longtemps, la question pouvait être résumée ainsi : « Qui a une invention ? » Aujourd'hui, la question est devenue : « Comment, par quels mécanismes et à avec quelles ressources accompagner cette invention jusqu'à sa maturité, sa protection, sa production et sa valorisation ? »

C'est tout le sens de l'approche développée par l'IGSC/APGSC.

L'innovation ne s'arrête pas au moment où le prototype fonctionne

Elle commence véritablement lorsque le prototype peut être amélioré, sécurisé, reproduit, industrialisé, financé, diffusé et utilisé.

Lubumbashi, laboratoire du passage à l'échelle …Lieu d’intronisation du Grand Chancelier des Universités, Centres des recherches, Incubateur, accélérateurs et pépinières de la RDC

En accueillant cette session, Lubumbashi devient pendant deux jours un espace de travail consacré à cette transition. Les 45 innovateurs et inventeurs ne viennent pas simplement présenter leurs réalisations. Ils viennent confronter leurs projets à des exigences nouvelles : suivi-évaluation, propriété intellectuelle, maturation technologique, accompagnement, prototypage et industrialisation.

C'est une étape supplémentaire dans la construction d'une véritable chaîne nationale de valorisation.

Et le message est finalement simple : une invention n'est pas seulement une idée réussie. C'est une solution qu'il faut savoir accompagner jusqu'à son impact.

C'est cette ambition que porte la session de prototypage organisée à Lubumbashi par l'Incubateur du Génie Scientifique Congolais/APGSC, avec l'appui de la Fondation Konrad Adenauer, sous le Haut Patronage du ministère de l'Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations.

Fait à Lubumbashi, le 22 Septembre 2026

Prof. BISA KIBUL Michel

Moluki pe Motangisi

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