Journée de réflexion sur les accords miniers en RDC
Le 27 novembre 2025, la Fondation Konrad Adenauer (KAS), l’Université Kongo et l’Institut pour la Démocratie et le Leadership Politique (IDLP) ont organisé une journée de réflexion autour du thème :
« Accords de coopération RDC–Chine et RDC–USA : quelle lecture croisée pour le développement national ? »
L’événement a rassemblé des acteurs politiques, des chercheurs et des membres de la société civile pour analyser, dans un contexte géopolitique tendu, les opportunités et limites de ces accords.
1. Revisiter l’histoire pour éclairer le présent
Professeur Félicien KABAMBA
Il a revisité la convention de 1906 entre l’EIC et la BCK, montrant comment l’État, appuyé par le capital privé, avait structuré le développement minier et infrastructurel du Congo.
Il a mis en lumière le désengagement de l’État au début des années 2000, sous l’influence du FMI et de la Banque mondiale, qui a affaibli sa capacité à financer son propre développement.
Pour lui, les accords « infrastructures contre ressources » doivent s’inspirer des pratiques efficaces du passé pour maximiser les bénéfices nationaux.
2. Concurrence géopolitique et modèles économiques
Professeur Godé MPOYI KADIMA
Il a comparé les modèles « infrastructures contre minerais » et les partenariats politico-sécuritaires, rappelant que la RDC est aujourd’hui un pivot stratégique mondial.
Il pointe les limites du contrat sino-congolais : retards, déséquilibres et avantages souvent théoriques.
Il recommande une stratégie hybride, mêlant rigueur économique et gouvernance politique, afin de renforcer l’efficacité des partenariats internationaux.
3. Gouvernance, transparence et souveraineté
Professeur Michel BISA KIBUL
Il a insisté sur la continuité historique de la domination géoéconomique pesant sur la RDC depuis l’époque de l’EIC.
Dans un contexte de « guerre froide minérale », il déplore l’opacité des contrats et l’absence de souveraineté énergétique et minière.
Il appelle à une reconstruction de l’État, à une affirmation de la puissance publique et à une transformation des ressources géologiques en leviers de puissance nationale.
4. Une lecture sociopolitique des accords
Professeur Germain KUNA MABA
Il rappelle que les crises successives ont souvent conduit à des accords précipités et déséquilibrés.
Il recommande :
- une transparence totale,
- la valorisation de l’expertise nationale,
- l’implication des communautés locales,
-
une diplomatie véritablement souveraine.
Selon lui, ces accords, tels qu’ils sont négociés aujourd’hui, renforcent la dépendance plutôt que le développement.
5. Partenariats internationaux : risques et opportunités
Professeur Daniel MAKIESE MWANA WANZAMBI
Il considère les partenariats internationaux comme des outils diplomatiques pouvant soutenir le développement durable de la RDC, s’ils sont pensés stratégiquement.
Il invite à saisir ces opportunités pour bâtir une puissance nationale autonome, tout en évitant l’endettement et l’improvisation contractuelle.
Besoin fondamental
Cette rencontre a mis en évidence un besoin fondamental : la définition d’une doctrine congolaise de partenariats stratégiques, fondée sur la souveraineté, la transparence et l’intérêt général.
La RDC dispose des ressources, de l’intelligence et des alliances nécessaires pour se positionner comme une puissance structurante. Encore faut-il une vision claire, stable et souveraine pour transformer ses accords internationaux en leviers de développement national durable.
Pour l'Observatoire de la Gouvernance
OSHIBEANDE KASULA Nicolas
TWAHA SUDI
NTOLONDE BOKEBE Béni








Lecture croisée des accords RDC–Chine et RDC–USA et RDC-Qatar