Dans le Bassin du Congo, la science se construit ensemble

Echos de la première conférence annuelle du CBSI (5-9 janvier 2026), un tournant historique

À l’ouverture de la première Conférence annuelle du Congo Basin Science Institute (CBSI), tenue du 7 au 9 janvier 2026 à Brazzaville, le Professeur Raphael Tshimanga a donné le ton d’un rendez-vous scientifique qu’il a qualifié d’historique pour le bassin du Congo. Dans son mot d’introduction, il a souligné la vocation du CBSI à structurer une science de référence, ancrée dans les réalités régionales et orientée vers la production de données robustes au service de la prise de décision. Insistant sur le caractère interdisciplinaire de l’initiative, il a rappelé que la conférence réunissait chercheurs, boursiers et partenaires autour des six observatoires thématiques du CBSI: 

  • climat, 
  • hydrologie, 
  • végétation, 
  • biodiversité, 
  • utilisation des terres et 
  • socio-écologie 

Avec pour ambition de renforcer les capacités locales, combler les lacunes de connaissances et positionner durablement la science comme levier central de la préservation et du développement durable du bassin du Congo.

Lors de la plénière consacrée à l’état des connaissances sur le bassin du Congo, le Professeur Simon Lewis (Université de Leeds & University College London), co-président du CBSI, a dressé un bilan lucide des savoirs scientifiques existants sur ce vaste écosystème encore méconnu.

Le Bassin du Congo, l’un des derniers grands territoires encore largement méconnus de la planète, accueille un événement scientifique fondateur : la première conférence annuelle de la Congo Basin Science Initiative (CBSI). Plus qu’une rencontre académique, cette conférence marque l’émergence d’une nouvelle vision de la science, internationale, transdisciplinaire, multigénérationnelle et profondément participative.

Un géant écologique encore trop peu connu

Deuxième massif forestier tropical au monde, pilier de la régulation climatique globale grâce, notamment à ses tourbières (lire les travaux de l’UGT, de Nadia Kapinga, de Jean-Jacques Bambuta,…), ses ressources en Eau abondantes (voir travaux du CRREBaC), réservoir exceptionnel de biodiversité et de savoirs locaux (Michel Bisa Kibul), le Bassin du Congo reste pourtant pauvre en données scientifiques intégrées. Le CBSI est né pour répondre à ce paradoxe : produire des connaissances solides, inclusives et utiles, capables d’éclairer les politiques publiques et de soutenir un développement durable respectueux des sociétés, des écosystèmes, des innovations, inventions et scientificités au sens de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC).

Une science internationale et ancrée dans la région

Organisée par le CBSI et l’Université Marien Ngouabi (République du Congo), la conférence rassemble actuellement des scientifiques venus d’Afrique centrale, d’Europe et d’Amérique du Nord, aux côtés de doctorants, de décideurs, d’acteurs de la société civile et d’autres parties prenantes.

La participation remarquable de la République Démocratique du Congo, notamment de Kinshasa et de Kisangani, est unanimement saluée. La présence de chercheurs de haut niveau, dont le Professeur Alphonse Maindo, Raphael Tshimanga, Godet Bola…, illustre la vitalité intellectuelle et l’excellence académique RD. congolaise au cœur de cette dynamique régionale.

Sciences participatives et innovations technologiques ?

Avant même l’ouverture officielle, deux journées de travail intensif de l’Observatoire socio-écologique du CBSI ont été consacrées aux sciences participatives. Sous la conduite du Professeur Jérôme Lewis, chercheurs seniors et juniors de l’Observatoire socio-écologique ont été formés à la collecte de données de terrain à l’aide de l’outil Sapelli, une technologie emblématique du dialogue entre science, communautés locales et langues, représentations endogènes….Les connaissances seront vulgarisées dans nos équipes et institutions au sein du Bassin du Congo.

En marges, dans un webinaire avec les Collègues Gabonais, Michel Bisa et ses doctorants de l’Observatoire de la Gouvernance (OG-UNIKIN-UPGI) ont également découvert Proacteur IA, une super intelligence artificielle auto-générative capable d’écouter, de transcrire et de rédiger, ouvrant de nouvelles perspectives pour la documentation scientifique, la valorisation des savoirs et la recherche collaborative.

Universités, sociétés et décideurs : un dialogue sans suspecter l’autre ?

La conférence annuelle du CBSI est un véritable laboratoire de co-construction :

  • les auto-évaluations des formations sur le bassin du congo,
  • échanges entre équipes et tissage des partenariats,
  • co-écriture de projets sur la valorisation des résultats de recherche en sciences agroalimentaires,
  • mise en lumière d’initiatives, d’innovations et d’inventions, notamment celles portées par l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais du Ministère de l’ESURSI (RDC).

La science y est pensée comme un bien commun, accessible à tous, multilingue (français, anglais langues locales avec traduction simultanée), et attentive à la reconnaissance des savoirs locaux et des dynamiques sociales.

Un comité d’organisation à la hauteur de l’ambition, une initiative durable et dans la durabilité ?

La crédibilité et l’excellence de cette première conférence reposent sur un Comité d’organisation scientifique international et fortement enraciné dans la région, avec des passion pour la recherche, dans la recherche et sur la recherche, rien que la recherche, composé de :

  • Prof. Suspense Averti Ifo – Université Marien Ngouabi, République du Congo
  • Prof. Michel Bisa Kibul – Université de Kinshasa (UNIKIN) et Université Catholique du Congo (UCC), République Démocratique du Congo
  • Dr. Michael Keller – Jet Propulsion Laboratory (JPL), États-Unis d’Amérique
  • Prof. Simon Lewis – Université de Leeds & University College London, Royaume-Uni
  • Prof. Jean Joël Loumeto – Université Marien Ngouabi, République du Congo
  • Styven Mahoungou – Doctorant, Université Marien Ngouabi, République du Congo
  • Prof. Bonaventure Sonké – Université de Yaoundé I, Cameroun
  • Prof. Lucie Temgoua – Université de Dschang, Cameroun
  • Prof. Raphael Tshimanga – Université de Kinshasa (UNIKIN), République Démocratique du Congo
  • Allane Ndzoli – Assistant Administratif et Financier, Laboratoire de Télédétection et Écologie Forestière, Université Marien Ngouabi, République du Congo

Cette diversité institutionnelle et géographique illustre parfaitement l’esprit du CBSI : une science co-portée, co-construite et co-vulgarisée par le Nord et le Sud, mais pensée d’abord depuis le Bassin du Congo, dans le Bassin du Congo et pour le Bassin du Congo dans sa diversité naturelle et culturelle, dans ses mystères, ses connaissances et ses ignorances,...

Trois jours pour façonner l’avenir scientifique dans le Bassin du Congo

  1. Jour 1 : état des connaissances sur le Bassin du Congo, avec la présentation du rapport historique du Panel Scientifique pour le Bassin du Congo, lancé à la COP30 à Belém.
  2. Jour 2 : exposés scientifiques et posters sur le système climat–eau–forêt–société.
  3. Jour 3 : synthèse, identification des lacunes, et dialogue direct avec les décideurs et autres parties prenantes.

Le programme officiel de la conférence est disponible ici :

https://congobasinscience.net/fr/nouvelles/premiere-conference-annuelle-du-cbsi-du-7-au-9-janvier-2026/

Une science à la hauteur du Bassin du Congo

Oui, c’est du lourd,

Oui, c’est sérieux ;

Oui, c’est crédible,

Oui, c’est durable,

Oui, c’est ouvert à tous.

Mais surtout, c’est une invitation : à découvrir un bassin encore largement vierge de données, à reconnaître la richesse de ses savoirs, et à construire ensemble une science capable de servir les forêts, les communautés et la planète.

A partir de Brazzaville

Michel Bisa Kibul

dans News
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Brazzaville, Janvier 2026 : Première conférence annuelle du CBSI
Du 05 au 09 janvier 2026, Brazzaville accueille la première conférence annuelle de la Congo Basin Science Initiative (CBSI)