Brazzaville, Janvier 2026 : Première conférence annuelle du CBSI

Du 05 au 09 janvier 2026, Brazzaville accueille la première conférence annuelle de la Congo Basin Science Initiative (CBSI)

Du 05 au 09 janvier 2026, Brazzaville accueille la première conférence annuelle de la Congo Basin Science Initiative (CBSI)

Dans un contexte de crise écologique globale et de pressions croissantes sur le Bassin du Congo, cet événement marque une étape importante d’une science ancrée dans les territoires, attentive aux savoirs locaux et ouverte à la participation des communautés et à la valorisation du Génie Scientifique Congolais.

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Après les ateliers techniques de l’Observatoire socio-économique auquel Michel Bisa Kibul, membre du Comité de Pilotage du CBSI et de l’Observatoire Socio-écologique du Bassin du Congo prend part, ce 06 janvier 2026, un premier panel inaugure les travaux autour de la science participative, en présence de chercheurs, enseignants, doctorants et boursiers du CBSI. 

Parmi eux, le Professeur Michel BISA KIBUL prend part aux échanges à Brazzaville, contribuant à cette réflexion collective sur les nouvelles manières de produire les savoirs scientifiques et de les valoriser conformément à la vision de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC).

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Les Chercheurs de la RDC sont présents et bien mobilisés. Ils proviennent de Kisangani (sous la conduite du Prof. Alphonse Maindo et les doctorants Boursiers), des sciences sociales de l’UNIKIN (Assistants et Boursiers), du Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC), de l’Ecole Régionale de l’Eau (ERE),…

La science participative : des expériences qui font leurs preuves

La science participative ou science citoyenne ne constitue pas une innovation récente, mais plutôt un retour à des pratiques anciennes de production des savoirs, longtemps marginalisées par l’institution académique. Avant le XIXᵉ siècle, de nombreuses sciences se construisaient déjà hors des universités, en interaction étroite avec les sociétés.

Aujourd’hui, ces approches montrent leur efficacité : suivi de la biodiversité, cartographie communautaire, documentation des ressources forestières, ou encore analyse des changements climatiques à partir d’observations locales. Là où la biodiversité est forte, la diversité culturelle l’est aussi, révélant une interdépendance profonde entre langues, cultures et écosystèmes. Les outils SAPELLI (application dans google storry)

Discussions croisées : principes et pratiques en débat

Les échanges entre participants mettent en lumière un point central : la science ne peut plus ignorer les épistémologies locales. Les chasseurs-cueilleurs du Bassin du Congo, présents depuis des dizaines de milliers d’années, ont développé des modes de gestion des ressources fondés sur l’équilibre, la transmission et le symbolique.

Les débats soulignent aussi les effets de la scolarisation formelle, souvent porteuse d’un effacement des savoirs du terrain, et interrogent la nécessité de redonner une voix aux communautés dans les espaces de décision scientifique et politique. Le consentement libre, informé et préalable, compris comme un processus vivant et réversible, apparaît comme un principe fondamental de la science participative.

De la théorie à la pratique : projets sapelli et outils numériques

Une partie des travaux est consacrée à l’application concrète de la science participative à travers des projets satellites et l’usage d’outils numériques adaptés aux contextes locaux. L’objectif n’est pas la technologie pour elle-même, mais la co-conception d’applications fonctionnant dans des conditions parfois extrêmes : absence d’électricité, de réseau internet ou de GPS stable.

Les participants explorent comment construire, avec les communautés, des systèmes de collecte de données, des répertoires de ressources sensibles ou des outils de plaidoyer, en tenant compte des langues, des symboles et des priorités locales.

Former une masse critique pour l’avenir du Bassin du Congo

Ces deux journées visent avant tout à outiller les enseignants et les étudiants, notamment les boursiers du CBSI, afin qu’ils puissent concevoir, contextualiser et porter des projets de recherche de haute qualité dans leurs propres territoires.

À l’image de l’Amazonie, l’enjeu est de former une masse critique d’experts africains capables de comprendre, préserver et transformer durablement leurs environnements. Le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical du monde, n’est pas seulement un enjeu régional : il est un espace vital pour la planète entière.

En résumé, la conférence de Brazzaville ne se contente pas de produire des connaissances sur le Bassin du Congo. Elle affirme une ambition plus profonde : produire des savoirs avec celles et ceux qui y vivent, dans une science située, partagée et résolument tournée vers la justice écologique et sociale.

Cellule de communication et vulgarisation de l'O.G

dans News
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