En RDC, l’élection est plus qu’un rendez-vous institutionnel : elle est, selon l’article 5 de la Constitution, le moment sacré où la souveraineté populaire se transmet et se renouvelle. Pourtant, depuis quatre cycles électoraux : 2006, 2011, 2018 et 2023, cette transmission peine à se faire sans heurts, révélant fragilités structurelles et attentes citoyennes longtemps restées sans réponse.

Les élections chaotiques de 2023 font le scrutin s'est déroulé au-delà de 7 jours, avec des machines à voter privatisées par les politiciens, ont été un tournant et expliquent, en grande partie, L'État de lieu actuel de l'État, la guerre, la crise de légitimité...jusqu'aix accords de minerais contre paix aux USA, Qatar, Rwanda, Uganda, Burundi,... Ces élections de 2023 ont mis à nu, d’un côté, l’immense soif de transparence, de justice sociale et de gouvernance responsable exprimée par une population majoritairement jeune ; de l’autre, les failles persistantes du système : faible confiance dans les institutions, contestations récurrentes des résultats, gouvernance perçue comme peu transparente, inégalités socio-économiques, difficultés d’intégration des politiques publiques et persistance des conflits dans l’Est du pays, faisant craindre sérieusement la balkanisation de l'État.
Aujourd’hui, l’angoisse sécuritaire qui traverse la nation est, pour beaucoup d’analystes, le prolongement direct de ces défaillances électorales. La question n’est donc plus seulement de voter, mais de comprendre ce que signifie voter dans un contexte où la légitimité, la cohésion sociale et la sécurité nationale sont en jeu et que l'État est actuellement contrôlé par deux fractions militairement engagées.
2028 : une élection charnière dans un pays en mutation
Dans ce climat de réformes et de défis, les élections générales de 2028 apparaissent comme un moment stratégique pour la refondation démocratique du Congo. Comme l’ont montré des chercheurs tels que Nzongola-Ntalaja, Michel Bisa Kibul, Abel Ngonde, Fernand Kapanga, Celestin Musao ou Englebert, la consolidation de l’État de droit reste entravée par la faible confiance entre acteurs politiques, la fragilité administrative, la politisation excessive des institutions ou les appétits interminables du pouvoir.

Pourtant, les évolutions récentes offrent une opportunité unique:
- montée en puissance de la jeunesse comme force politique ;
- nouvelles formes de mobilisation sociale via les réseaux numériques ;
- transformation des attentes citoyennes vers plus d’efficacité, de justice et de participation ;
- prise de conscience de l’importance des institutions électorales indépendantes.
Selon les analyses contemporaines de la gouvernance électorale en Afrique (IFES, 2021), la transparence, l’indépendance institutionnelle et l’inclusion citoyenne sont les piliers de la crédibilité d’un processus électoral. La RDC n’échappera pas à cette règle.
Un rendez-vous scientifique qu'il ne faut pas manquer :
Trois conférenciers majeurs animeront ce festin du savoir critique :
- Prof. Jean-Louis ESAMBO, ancien Doyen de Droit à l'unikin, auteur des livres sur les élections et ancien conseiller spécial du chef de l'État en matières hautement stratégiques et des choses qu'on ne dit pas à haute voix.expert en droit constitutionnel et gouvernance électorale.
- Prof. Michel BISA KIBUL, Moluki pe Motangisi, spécialiste des institutions et des dynamiques politiques, géo stratège. Enseignant-chercheur en science politique/UCC
- Honorable Dieudonné Bolingetenge. Empiriques et praticien des élections.
Cet événement vise à analyser froidement, rigoureusement et scientifiquement les dynamiques politiques, socio-juridiques et économiques qui détermineront les élections de 2028.
L'objectif est de comprendre, anticiper et préparer ce qu'il fait en vue de produire un éclairage scientifique sur les enjeux des élections de 2028 et formuler des pistes stratégiques pour renforcer la participation citoyenne, la gouvernance et le développement national.
À travers cet événement, chers frères et soeurs, nous voulons :
- Évaluer la préparation institutionnelle du processus électoral;
- Analyser les dynamiques politiques et les acteurs clés ;
- Examiner le cadre légal et le rôle des institutions judiciaires dans la régulation électorale ;
- Comprendre les préalables sur la cartographie électorale dans un contexte où plusieurs circonscriptions électorales sont tenues par le M-23, la CODECO et d'autres groupes armés concurrents de Kinshasa.
- Comprendre l’impact des réalités socio-économiques sur les comportements électoraux ;
- Proposer des stratégies de gouvernance inclusive, de prévention des risques et de stabilisation post-électorale.
Méthodologie et déroulement
Cette matinée scientifique se déroulera en trois temps :
- Exposés des conférenciers ;
- Débats et échanges avec le public ;
- Conclusion et recommandations opératoires.
Résultats attendus
Ce rendez-vous vise à produire :
- un diagnostic clair des enjeux politico-juridiques des élections de 2028 ;
- des recommandations pour une gouvernance électorale inclusive ;
- une mobilisation citoyenne renforcée, notamment auprès des jeunes ;
- une analyse fine des attentes sociales ;
- des pistes économiques pour une gestion post-électorale apaisée ;
- un rapport scientifique issu des échanges.
- Un espace de dialogue ouvert à tous
Participeront à cet atelier :
- chercheurs et universitaires,
- personnel académique,
- acteurs politiques,
- membres d’organisations de la société civile,
- étudiants en droit, sciences politiques et développement,
- journalistes et analystes,
- citoyens engagés.
Conclusion : 2028 se prépare aujourd’hui
Les élections ne se gagnent pas seulement dans les urnes : elles se gagnent dans la confiance, la transparence, la connaissance et le débat public éclairé.
En initiant cet espace d’intelligence collective, l’UCC, chère à l'Abbé Léonard Santedi et la Fondation Konrad Adenauer contribuent à remettre la réflexion scientifique au cœur de la démocratie congolaise.
Car c’est par la science, le débat et la participation citoyenne que la RDC pourra aborder 2028 avec maturité, lucidité et ambition.
Soyons nombreux au Campus UCC de Limete à partir de 9 heures.
L’UCC et la Fondation Konrad Adenauer ouvrent un festin du questionnement scientifique sur les élections et les mutations politiques du pays