CAMES, Lomé 2026

La RDC dévoile sa stratégie scientifique et affirme le leadership de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais

Du 9 au 12 mars 2026, la ville de Lomé accueille la 7ᵉ édition des Journées Scientifiques du CAMES (JSDC-7), un rendez-vous majeur qui rassemble les décideurs, chercheurs, innovateurs et institutions scientifiques de l’espace CAMES autour d’un objectif commun : accélérer la transformation scientifique et technologique du continent africain. Au Palais des Congrès de Lomé, cette rencontre stratégique vise à dresser un état des lieux de la recherche et de l’innovation dans l’espace CAMES tout en ouvrant un dialogue de haut niveau sur l’harmonisation des politiques scientifiques régionales.

Dans cette dynamique, la RDC s’illustre par une présence institutionnelle forte, portée par la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique et Innovation (ESURSI), Prof. Dr. Marie-Thérèse Sombo, accompagnée notamment :

  • Du Professeur Antoine Tshimpi Wola, coordonnateur de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC) ;
  • Du Prof. Dr. Mumba, Directeur Général du Fonds National de la Recherche Scientifique et Innovations Technologiques (FNRSIT) ;
  • Du Secrétaire Général en charge de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique (RSIT) ;
  • Ainsi que de plusieurs experts et chercheurs congolais engagés dans la transformation scientifique du pays.

La participation congolaise marque une ambition claire : faire de la science, de l’innovation et de la valorisation des résultats de la recherche un moteur stratégique de développement national et régional.

Une conférence ministérielle pour une politique scientifique africaine ambitieuse

La cérémonie d’ouverture est suivie d’une conférence ministérielle de haut niveau, organisée de 11h à 13h, autour du thème : « harmonisation des politiques nationales de Recherche vers une politique commune ambitieuse dans l’espace CAMES : partage d’expériences et adoption d’une déclaration commune ». Modérée par le Professeur Octave Nicoué Broohm, ancien ministre togolais de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, cette rencontre réunira plusieurs ministres en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche de pays membres du CAMES, notamment : le Togo, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Gabon, Madagascar, le Mali et la République Démocratique du Congo.

Les échanges devraient déboucher sur des orientations stratégiques fortes visant à bâtir une politique scientifique commune, plus cohérente et plus ambitieuse à l’échelle régionale.

La science africaine face aux grands défis du XXIᵉ siècle

Dans son intervention officielle, la délégation congolaise a rappelé que l’Afrique se trouve à un moment décisif de son histoire scientifique et technologique. Les défis auxquels le continent est confronté sont multiples : sécurité alimentaire, transition énergétique, transformation numérique, industrialisation verte, compétitivité économique et technologique et création d’emplois pour la jeunesse.

Pour y répondre, la science africaine doit produire des solutions concrètes aux besoins de la société, qu’il s’agisse de technologies agricoles, de moteurs industriels, de drones, de produits pharmaceutiques ou encore de technologies de défense. Une conviction s’impose : la recherche scientifique et l’innovation doivent devenir le moteur central du développement africain.

La RDC engage une réforme ambitieuse de son écosystème scientifique

Sous l’impulsion des plus hautes autorités de l’État, la République Démocratique du Congo a engagé une transformation profonde de son système national de recherche et d’innovation. Cette réforme vise à repositionner la recherche scientifique comme un levier stratégique de développement économique, d’industrialisation et de création d’emplois.

Au cœur de cette transformation se trouve l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC), organe spécialisé du Ministère de l’ESURSI, qui joue aujourd’hui un rôle central dans la structuration de l’écosystème national d’innovation.

Ses missions principales sont multiples :

  1. mettre en place une chaîne nationale de valorisation des résultats de la recherche, y compris les innovations frugales issues des milieux non académiques ;
  2. structurer un écosystème d’innovation reliant universités, centres de recherche, industries et entreprises ;
  3. promouvoir l’entrepreneuriat technologique et la production locale issue de l’ingéniosité congolaise ;
  4. renforcer le dialogue entre science, industrie et politiques publiques ;
  5. mettre en place des mécanismes innovants de financement de la recherche ;
  6. faciliter l’accès aux incubateurs, ateliers industriels et marchés nationaux et internationaux.

Cet engagement politique se traduit aussi par un effort budgétaire significatif : le budget consacré à la recherche scientifique et à l’innovation a été multiplié par six ces dernières années, même s’il représente encore environ 3 % du budget national.

Le FNRSIT : un instrument financier stratégique pour la recherche

Pour soutenir cette dynamique, la RDC a créé le Fonds National de la Recherche Scientifique et Innovations Technologiques (FNRSIT). Ce mécanisme repose sur trois sources principales de financement :

  1. Le financement public direct : depuis l’exercice budgétaire 2024, 300 milliards de francs congolais (environ 130 millions USD) ont été consacrés à la maturation technologique des innovations et à l’accompagnement des prototypes développés dans le cadre de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais.
  2. Une taxe publique dédiée à la recherche : une taxe spécifique est prévue pour alimenter durablement le fonds et soutenir : (i) les projets de recherche scientifique, (ii) les innovations technologiques et sociales, (iii) les innovations frugales issues de l’ingéniosité populaire.
  3. Le retour sur investissement

Le FNRSIT bénéficie également des retours issus : (i) des brevets et licences technologiques, (ii) des parts dans les startups incubées, (iii) des partenariats industriels et (iv) des prises de participation dans les entreprises innovantes. Ce modèle permet progressivement de construire une véritable économie nationale de la recherche et de l’innovation.

L’Incubateur du Génie Scientifique Congolais : des résultats déjà tangibles

Aujourd’hui, l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais constitue une véritable agence nationale de valorisation du génie scientifique congolais.

Les résultats obtenus témoignent de l’ampleur de cette dynamique :

  • Plus de 7000 prototypes recensés et évalués ;
  • Plus de 1000 prototypes accompagnés jusqu’à la maturation finale ;
  • Plusieurs milliers d’innovations actuellement en maturation technologique ;
  • Plus de 100 innovations stratégiques bénéficiant d’un accompagnement prioritaire.

Ces innovations couvrent plusieurs secteurs clés :

  • Agriculture et sécurité alimentaire
  • Santé et technologies biomédicales
  • Énergie et transition écologique
  • Numérique et intelligence artificielle
  • Agro-industrie
  • Technologies industrielles
  • Environnement, sécurité et société.

Une mobilisation nationale autour du génie scientifique congolais

La RDC a également mis en place des plateformes nationales de mobilisation scientifique afin de connecter chercheurs, décideurs et industriels.

Parmi les initiatives majeures :

  • Conclave du Génie Scientifique Congolais 2023 : 45 prototypes immédiatement intégrés dans le budget de l’État ;
  • Forum du Génie Scientifique Congolais 2024 : 55 innovations transformées en business plans ;
  • Forum 2025 : 65 prototypes prêts pour une utilisation en environnement réel ;
  • Forum 2026, actuellement en préparation.

Chaque année, les 50 meilleurs innovateurs de la République sont distingués par des prix nationaux et des médailles d’honneur (or, argent et bronze), tandis que les autres projets sont orientés vers l’IGSC pour un accompagnement et une maturation technologique.

Former une nouvelle génération d’experts en valorisation scientifique

La transformation de la recherche passe aussi par le développement de nouvelles compétences professionnelles.

Le 4 mars 2026, la Ministre de l’ESURSI a lancé une formation professionnelle dédiée aux métiers de la valorisation scientifique.

Ce programme de six mois, comprenant 64 modules spécialisés et des stages en entreprises, vise à former des experts capables d’accompagner :

  • la gouvernance des incubateurs
  • le transfert de technologies
  • la gestion de la propriété intellectuelle
  • la création de startups scientifiques
  • l’ingénierie de l’innovation
  • le dialogue entre scientifiques, industriels et décideurs publics.

Dans cette logique, l’article 191 de l’Instruction académique n°027 (année académique 2025-2026) prévoit l’installation obligatoire de structures de valorisation dans chaque université, école doctorale et centre de recherche.

Vers une dynamique CAMES de valorisation scientifique

La RDC entend également partager son expérience avec l’ensemble des États membres du CAMES. Plusieurs pistes de coopération ont été proposées :

  • élaborer un Plan CAMES de valorisation de la recherche ;
  • harmoniser les formations aux métiers de la valorisation scientifique ;
  • développer des plans d’affaires pour les innovations scientifiques ;
  • interconnecter les incubateurs et structures de valorisation dans l’espace CAMES ;
  • instaurer des dispositifs de normalisation et d’assurance qualité suivant les niveaux TRL 0 à TRL 9 ;
  • mettre en place des référentiels d’évaluation des innovations et inventions.

Une ambition africaine : transformer la science en puissance économique

Au-delà des débats scientifiques, les JSDC-7 portent une vision claire : faire du génie scientifique africain un moteur de souveraineté technologique et de transformation économique.

Comme l’a souligné la délégation congolaise à Lomé :

L’Afrique dispose d’un immense potentiel scientifique et de ressources valorisables. Notre responsabilité collective est de transformer ce potentiel en technologies, en industries, en entreprises et en emplois pour notre jeunesse.

En partageant l’expérience de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais, du Fonds National de la Recherche Scientifique et Innovations Technologiques et de ses initiatives de formation, la République Démocratique du Congo affirme sa volonté de contribuer activement à la construction d’un écosystème scientifique africain puissant, innovant et souverain.

À Lomé, la science africaine ne se contente plus de réfléchir : elle prépare son avenir.

Communication et vulgarisation OG

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